une foule s’est rassemblée jeudi dernier, devant le complexe scolaire Gloria Olympic à Yaoundé pour réclamer la vérité sur des allégations de violences sexuelles impliquant une élève de 3 ans. Le MINEDUB a lancé une enquête administrative avec un délai de 72 heures, tandis que les auditions se poursuivent.
Une affaire présumée de violences sexuelles impliquant une élève de 3 ans du complexe scolaire Gloria Olympic, à Yaoundé, suscite une vive émotion dans la capitale depuis lundi dernier. Selon un certificat médical produit par la famille, la fillette aurait été victime de violences sexuelles.
Les faits auraient été découverts au retour de l’école. Pour l’heure, il n’est pas établi avec certitude si l’acte se serait produit dans l’enceinte de l’établissement ou après la sortie de l’enfant. L’enquête est en cours et les auditions se poursuivent. La fillette avait été récupérée par son père, qui indique avoir fait un détour dans une pharmacie pour acheter des médicaments avant de rentrer directement à la maison. L’école a remis les enregistrements de vidéosurveillance aux enquêteurs et une contre-expertise des rapports médicaux a été demandée.
jeudi, 29 mai, plusieurs dizaines de mères et parents se sont rassemblés devant l’école pour demander des explications et des garanties sur la sécurité des enfants. Le sous-préfet de Yaoundé 4, le gouverneur de la région du Centre, le ministre de l’éducation de base, ainsi que la ministre de la Promotion de la Femme et de la Famille se sont rendus sur place pour s’enquérir de la situation et rencontrer la direction de l’établissement.
Le ministère de l’Éducation de Base a pour sa part prescrit l’ouverture d’une enquête administrative et demandé que les résultats lui soient transmis sous 72 heures. Le ministre Laurent Serges Etoundi a indiqué que des sanctions seraient prises à l’encontre de toute personne impliquée si les faits étaient avérés, allant jusqu’à la fermeture de l’établissement.
Cette affaire s’inscrit dans un contexte où la lutte contre les violences basées sur le genre envers les mineurs reste un enjeu suivi au Cameroun. Le Code pénal réprime le viol et les agressions sexuelles sur mineurs, avec des peines pouvant aller jusqu’à 20 ans d’emprisonnement lorsque la victime a moins de 16 ans. La loi prévoit également l’obligation de signalement pour toute personne ayant connaissance de tels faits.
Sur ce dossier, des parents et plusieurs associations de défense des droits des femmes déplorent toutefois la nonchalence du MINPROFF face à la récurrence de ces affaires en milieu scolaire. Elles appellent à une prise de parole plus systématique et à un suivi public des dossiers pour renforcer la prévention et restaurer la confiance des familles. L’affaire reste pour l’instant au stade des allégations, dans l’attente des résultats de l’enquête judiciaire et de l’enquête administrative du MINEDUB.
