Le Bénin instaure la gratuité totale de la scolarité pour les filles de la 6e à la Terminale dès la rentrée 2026-2027. Une décision du président Romuald Wadagni qui vise à lever les barrières financières et à accélérer l’égalité des chances.
Le gouvernement béninois a validé la gratuité complète des frais de scolarité pour toutes les filles du secondaire, de la 6e à la Terminale, dans l’enseignement général et technique public. Annoncée en Conseil des ministres, la mesure entrera en vigueur à la rentrée scolaire 2026-2027 sur l’ensemble du territoire national.
Cette décision s’inscrit dans la continuité des politiques d’équité menées depuis plusieurs années. Le Bénin avait déjà instauré la gratuité en 6e et 5e, puis renforcé le maintien des filles à l’école via la distribution de kits scolaires et des transferts monétaires conditionnels. Pour l’année 2024-2025, 35 000 filles vulnérables ont bénéficié de kits comprenant fournitures, sacs solaires et uniformes, dans le cadre du projet SWEDD.
Un acte stratégique pour le mandat de Romuald Wadagni
La gratuité de la 6e à la Terminale répond à un verrou majeur : le coût de la scolarité. Dans de nombreuses familles, c’est ce frein financier qui provoque l’abandon scolaire des filles à l’entrée au collège. En supprimant les frais, l’État réduit le risque de déscolarisation et augmente les chances pour les filles d’achever leur cursus secondaire.
L’enjeu démographique et économique est direct. Une fille qui reste à l’école se marie plus tard, a moins d’enfants et accède plus facilement à un emploi qualifié. Le gouvernement mise donc sur cette mesure pour renforcer le capital humain et l’inclusion des femmes dans l’économie nationale.
Le défi ne s’arrête pas à la gratuité. Pour que l’impact soit réel, l’État devra garantir la qualité de l’encadrement, l’accès aux infrastructures et la sécurité dans les établissements. Les programmes existants comme FAABA, soutenus par les Pays-Bas et l’UNICEF, montrent que l’accompagnement financier et social est déterminant pour maintenir les filles en classe et lutter contre les mariages précoces.
Sur le plan politique, cette réforme envoie un signal fort : l’éducation des filles devient un levier prioritaire du nouveau mandat présidentiel. Elle aligne aussi le Bénin sur ses engagements internationaux en matière d’égalité de genre et d’éducation pour tous.
