L’avocate des ayants droit de Martinez Zogo, dénonce une campagne de dénigrement orchestrée par la télévision Vision 4 après la diffusion d’un reportage visant à la discréditer. Pas du tout ébranlée, Me Félicité Esther Zeifman confie que maintenir son engagement pour la vérité malgré les pressions reste la préoccupation ultime.
Me Félicité Esther Zeifman, avocate au Barreau de Paris et conseil des ayants droit dans l’affaire Martinez Zogo, a réagi publiquement au reportage diffusé mercredi, 5 juin sur Vision 4. La chaîne de télévision, est celle du groupe de Jean-Pierre Amougou Belinga, mis en cause dans le procès. l’avocate accuse la chaine d’avoir lancé une campagne de dénigrement visant à la déstabiliser et à détourner l’attention des faits.
Depuis sa prise de fonction dans ce dossier, Me Zeifman déclare faire l’objet d’articles, d’insinuations et de pressions répétées. Elle affirme cependant que ces attaques ne la détourneront pas de sa mission et rappelle que son indépendance est garantie par son serment d’avocate. Pour elle, le rôle d’un avocat est de défendre son client devant les juridictions compétentes, non de répondre aux polémiques médiatiques.
Ces tentatives de déstabilisation et de corruption sont à la hauteur des moyens financiers considérables de celui qui les commande .
Me Zeifman, sur sa page Facebook.
L’avocate estime que la violence des réactions médiatiques traduit la fragilité de la position adverse. Pour elle, l’agitation constatée autour du procès est un signe que les preuves s’accumulent et que la vérité judiciaire approche. Elle réaffirme sa détermination à porter la voix de Martinez Zogo jusqu’au verdict final et assure qu’aucune menace ni campagne médiatique ne l’empêchera de plaider.
Je ne suis pas femme à reculer devant les puissants.
Me Zeifman, sur sa page Facebook.
Martinez Zogo, journaliste et animateur de l’émission Embouteillage sur Amplitude FM, a été retrouvé mort le 22 janvier 2023 à Yaoundé, cinq jours après son enlèvement. Son assassinat a provoqué une onde de choc au Cameroun et à l’international. L’affaire est actuellement jugée devant le Tribunal militaire. Plusieurs personnalités, dont Jean-Pierre Amougou Belinga, sont poursuivies pour assassinat et complicité d’assassinat. Le dossier est suivi de près au Cameroun et à l’international en raison de ses implications sur la liberté de la presse, l’indépendance de la justice et la lutte contre l’impunité.
Pour Me Zeifman, l’agitation médiatique actuelle ne fait que confirmer l’avancée de l’affaire Martinez Zogo.
Me Zeifman insiste sur son statut d’avocate indépendante et refuse toute intimidation. Elle déclare n’avoir ni maîtres ni protecteurs puissants et dit fonder son action uniquement sur la conscience professionnelle et les éléments du dossier. Selon elle, les attaques personnelles ne constituent pas une réfutation juridique et ne remplacent pas les arguments de fond attendus devant le tribunal. Elle conclut que les attaques subies renforcent sa conviction de défendre la bonne cause et promet de poursuivre son travail avec la même rigueur.
L’avocate souligne également l’importance de préserver l’intégrité du procès. Elle appelle les médias à respecter la présomption d’innocence et à distinguer l’information vérifiée du commentaire.
Quand un homme innocent est poursuivi, ses partisans répondent par des arguments. Quand un homme coupable est acculé, ses obligés attaquent ses adversaires.
Me Zeifman, sur sa page Facebook.
Du côté des organisations de défense de la liberté de la presse, plusieurs voix à l’instar du SNJC appellent à une couverture responsable, respectueuse des règles déontologiques et du secret de l’instruction. Dans une sortie activement relayée il y’a quelques jours, la présidente Marion Obam appellaient es médias à ne s’en tenir qu’au fait.
La prochaine audience du procès Martinez Zogo est attendue dans les semaines à venir devant le Tribunal militaire de Yaoundé. L’enjeu dépasse désormais le cadre judiciaire : il s’agit aussi de mesurer la capacité des institutions camerounaises à garantir un procès équitable et à protéger ceux qui cherchent à faire émerger la vérité.
